Niv et le Didgeridoo
Niv et le Didgeridoo*

Mercredi 30 avril 2025, veille de Yom Haatsmaout en Israël. Nous sommes dans le train pour Jérusalem vers 12h30. Au loin, un nuage de fumée noire nous intrigue. A notre arrivée nous apprenons que de terribles incendies ravagent les forêts autour de Jérusalem, et des milliers d’habitants sont évacués de chez eux. Dans les localités du centre bordant l’autoroute entre Tel Aviv et Jérusalem 1300 hectares de forêt ont brûlé !
Le soir même, nous sommes invités par nos amis Dina et Robert à nous joindre à un dîner chez leurs amis Hana et Doubi qui nous accueillent chaleureusement avec d’autres invités de dernière minute, évacués de chez eux à la suite des incendies (la solidarité Israélienne !). Parmi eux, Arié et Tami (la fille de Ziva aussi invitée) qui habite Motsa Illit. Au dessert, Tami parle de son gendre Niv et de son didgeridoo. Niv Menahem a 32 ans. Il y a 7 ans, il part en Inde après l’armée, il rencontre sa future femme, Noam (la fille de Ziva) et le didgeridoo, instrument dont il joue avec passion depuis !
Marié depuis septembre 2022, le 7 octobre 2023, Niv est mobilisé avec son unité Egoz, un commando d’élite des forces de défense israélienne et rentre à Gaza avec 3 autres soldats. Le 23 décembre 2023 lors d’une mission, son véhicule « Amer » saute sur une bombe, deux de ses camarades sont tués sur le coup, lui est gravement blessé à la tête et à la colonne vertébrale.
Le 4ème soldat fait rapatrier Niv en urgence par hélicoptère à l’hôpital Soroka de Beersheva, son état est jugé désespéré. Opéré et inconscient pendant un mois et demi, il est transféré à l’hôpital Tel Hashomer de Tel Aviv où il subit de nouveau une opération. Il y restera un an, puis rentre chez lui en continuant chaque jour une rééducation intensive, paralysé du bas du corps, et avec de gros problèmes de mémoire. La sœur de Niv, le sachant fan du groupe de rock « les girafot » contacte le groupe et ils se rendent à l’hôpital aux soins intensifs pour lui remonter le moral !
A sa sortie de l’hôpital, Niv est invité par les « girafot » à participer à un de leurs concerts. C’est cette vidéo que Tami nous montre à ce dîner du 30 avril 2025 et qui est tellement émouvante. On y voit Niv jouer du didgeridoo, pendant que l’un des chanteurs raconte son hospitalisation, le courage dont il fait preuve chaque jour, son optimisme malgré cette terrible épreuve. Il jouera 16 minutes d’affilée accompagné par ces paroles d’encouragement et applaudi par un public hyper chaleureux. « On peut tout lui briser : un bras, une jambe, une épaule, un dos…mais jamais ils ne parviendront à casser le « rouah » l’énergie vitale de Niv.
A lui et à sa famille, à tous les soldats de Tsahal qui font tous preuve d’un courage inouï, je dédie ce modeste témoignage et je pense aussi à tous nos otages, pour lesquels ils se battent.
AM ISRAEL HAI !
Shiritt Barros
* Le Didgeridoo a des vertus thérapeutiques connues : les basses fréquences soulagent les douleurs articulaires, musculaires, squelettiques, les traumatismes osseux, les troubles du sommeil, le stress, l’anxiété.
Le Didgeridoo est l’un des plus anciens instruments de musique au monde. Il trouve ses racines dans le nord de l’Australie, où il est joué depuis des millénaires par les peuples aborigènes. Les premières traces de cet instrument remontent à environ 1 500 ans, bien que certains experts estiment qu’il pourrait être encore plus ancien.
Traditionnellement, le Didgeridoo est fabriqué à partir d’une branche d’eucalyptus naturellement creusée par les termites. Ce processus naturel confère à chaque instrument une sonorité unique, rendant chaque pièce véritablement irremplaçable. La fabrication du Didgeridoo nécessite une connaissance approfondie des essences de bois et des techniques ancestrales.
Dans la culture aborigène, le Didgeridoo n’est pas seulement un instrument musical : il joue un rôle central dans les cérémonies et les rituels spirituels. Il sert souvent de lien entre les hommes et les esprits, accompagnant chants et danses qui racontent les histoires du Temps du Rêve, cette période mythique où le monde a été créé.
Le Didgeridoo, autrefois confiné aux terres australiennes, a su conquérir le monde grâce à son timbre envoûtant et ses vibrations profondes. Aujourd’hui, il est joué bien au-delà des frontières de l’Australie, trouvant sa place dans des genres musicaux aussi variés que le jazz, la musique électronique ou encore les musiques du monde.
Le Didgeridoo, l’écho ancestral de l’Australie
Le Didgeridoo se distingue par son timbre profond et vibrant qui évoque immédiatement les paysages vastes et sauvages de l’Australie. Cet instrument singulier produit des sons continus grâce à une technique particulière appelée respiration circulaire. Cette méthode permet au joueur de maintenir une note ininterrompue tout en inspirant par le nez.
Loin d’être limité à une seule note, le Didgeridoo offre une palette sonore riche grâce aux variations de pression d’air, aux mouvements des lèvres et aux modulations vocales du joueur. Chaque musicien peut ainsi exprimer sa propre sensibilité, créant des rythmes hypnotiques qui invitent à la méditation.
En dépit de sa simplicité apparente – un simple tube creux – le Didgeridoo exige une maîtrise technique impressionnante pour en exploiter pleinement les possibilités musicales. Les joueurs expérimentés peuvent produire toute une gamme d’harmoniques et d’effets sonores qui enrichissent encore davantage leur performance.